SUGGESTIONS

8 septembre 2020

Suggestions musicales : davantage de classiques et de nouveautés!

Philippe Champoux

01. ROCK

Abbey Road - The Beatles

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La fin des années 60 offrit aux amateurs de rock une compétition féroce d'albums qui sont aujourd'hui considérés comme cultes. En effet, la parution à quelques mois d'intervalle des albums Led Zeppelin II (Led Zeppelin), Let It Bleed (The Rolling Stones) et Abbey Road (The Beatles) occasionna une course vers le sommet des plus grands palmarès musicaux qui reste presque inégalée. Aux alentours de la publication  de l’Album blanc en novembre 1968, ainsi que du projet « Get Back » en janvier 1969, le groupe connut des moments difficiles : chaque membre, devenant  de plus en plus indépendant, se mit à la recherche de son autonomie musicale et de son style artistique propre. Ringo Starr et George Harrison abandonnèrent tour à tour  le studio en raison de tensions omniprésentes et d’une atmosphère indésirable au sein du  groupe. Peu de temps après, le producteur des Beatles, George Martin, vécut une série d’épisodes dépressifs.. Le groupe était alors pratiquement considéré comme séparé. Désormais, chaque membre venait dans le studio à sa guise et travaillait sur ses propres projets. L’absence de coopération était particulièrement  visible sur l’Album blanc. Cependant, à la suite d’une pause succédant le projet « Get Back » en janvier 1969, Paul McCartney rassembla le groupe une nouvelle fois. Les autres membres coopérèrent  : du printemps à l'été de la même année, les Beatles enregistrèrent un album remarquable. Y figurent: la meilleure composition de George, Octopus’s Garden; Oh! Darling, que certains considèrent comme la meilleure performance vocale de Paul; le fameux medley de la face B de l’album, où les écrits de John Lennon et Paul s’enchaînent de la manière la plus innovatrice possible, démontrant de plus belle leur créativité artistique. George Martin y ajouta également ses arrangements orchestraux , donnant à l’album sa touche « Beatles ». Les sessions d’enregistrement se terminèrent avec I Want You (She’s So Heavy), une chanson à l’effervescence croissante. En août, ils prirent la fameuse photo qui deviendrait  la couverture de cet album légendaire. Abbey Road est finalement mis en vente  en septembre, donnant au public le dernier souffle des Beatles, puisque John quitte le groupe le même mois. L’album devint leur second plus grand succès avec plus de 30 millions d’exemplaires vendus et est considéré par plusieurs comme leur meilleur album.

Apostrophe - Frank Zappa

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Frank Zappa est un artiste qui a toujours approché le rock d’une manière expérimentale. Non seulement a-t-il publié plus de 60 albums au cours de sa vie, mais il a également créé sa propre maison de disques, Zappa Records, afin de publier lui-même certains de ses disques. Zappa est reconnu pour avoir maîtrisé l’art de raconter les histoires les plus loufoques tout en délivrant une performance instrumentale hors du commun. Son utilisation de chaque instrument et de sa voix à leur plein potentiel, tout en étant en accord parfait avec l’histoire qu’il nous conte, relève du génie. Sur cet album se trouvent quelques-uns de ses plus grands titres tels que Uncle Remus et Cosmic Debris, sur lesquels est démontrée sa maîtrise incontestable de la guitare.

02. HIP-HOP

Shoot for the Stars Aim for the Moon - Pop Smoke

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Pop Smoke, un artiste new-yorkais ayant été tué tragiquement en février dernier, nous aura grandement surpris même après sa mort avec cet album posthume. Puisque commercial, on peut retrouver sur cet album plusieurs collaborations : Quavo, Lil Baby, DaBaby, Swae Lee, Future, Tyga, Roddy Rich, etc. Malgré cette approche moins indépendante, son style Drill-Hop retrouvé sur ses projets précédents (Meet The Woo 1 & 2) reste mis de l’avant. Son nom d’artiste est toujours bien illustré par la violence que porte sa voix incroyablement grave et rauque : une incarnation vocale du mot « smoke ».

Limbo - Aminé

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Dès sa première apparition en 2017 avec Good For You, Aminé montre  un grand potentiel musical. Ce dernier se déploie réellement  dans la  nouvelle parution du rappeur : Limbo. En plus de la ligne directrice reliant toutes les chansons de l’album , Aminé nous offre des paroles riches de sens où s’allient des thèmes actuels et un ton humoristique bien nuancé . La versatilité des sonorités qu’il décide d’employer est particulièrement  intéressante, passant d’une ambiance musicale très « années 2000 » dans Burden jusqu’à une approche instrumentale beaucoup plus contemporaine avec Woodlawn et Compensating. Les chansons Roots et Mama sont indéniablement celles où on peut retrouver  le plus d’émotions dans les paroles, la première frôlant la poésie  et la seconde portant hommage à la mère de l’artiste.

Jazzmatazz Volume 1 - Guru

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Guru m’a réellement surpris avec ce projet fusionnant le hip-hop  et le jazz . Comprenant plusieurs collaborations avec des génies du jazz tels que Donald Byrde et Roy Ayers, l’album met en valeur l'expérimentation du rappeur, donnant un résultat musical hors du commun. Dès la première chanson, Loungin’, nous pouvons apprécier le son nasillard des harmonies de trompettes qui s’accordent à merveille avec le rythme inhérent des paroles de Guru (typique des années 90). L’instrumentation exceptionnelle évolue tout au long de l’album, rappelant parfois certaines compositions de Tupac, Notorious BIG et même Dr. Dre. Le style, le son, la prosodie, rien n’est laissé au hasard dans cet album incroyable. Ses successeurs, Jazzmatazz Volume 2 & 3, sont également excellents, mais n’égalisent pas tout à fait l’expérience d’écoute du premier volume.

03. JAZZ

What a Wonderful World - Louis Armstrong

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Le charme et le bonheur que transmet Louis Armstrong dans cet album ont le réel potentiel de transmettre à tout amateur de jazz une grande vague de joie. Dès la toute première pièce, What a Wonderful World, que tout un chacun a probablement déjà entendu, Louis énumère tous les petits détails qui font du monde un endroit merveilleux. Les chansons suivantes  de l’album gardent ce même thème de beauté, et ce, parfumées d’un romantisme omniprésent.

Head Hunters - Herbie Hancock

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Pilier du jazz fusion, Herbie Hancock est un compositeur hors norme. Head Hunters, son 13e album, en est une représentation parfaite (tant par son contenu harmonique que par son exploration éclectique dans l’orchestration). Malgré sa durée de 41 minutes, l’album ne comprend que quatre titres. Il  débute avec une progression de sons synthétisés après lesquels s’enchaînent rapidement des solos brillamment composés. La piste suivante, Watermelon Man, livre un son qui s’accorde parfaitement avec son titre. D’ailleurs, le thème principal utilisé est une mise en musique de la phrase : « Hey, Watermelon man! » Ensuite, Sly emporte l’auditeur dans un tout autre monde du jazz, où le rythme hâté donne une impression de poursuite policière dans un film des années 70. L’opus se complète avec Vein Melter, une chanson aux textures lentes, douces et mélodiques. Tout amateur de jazz se doit d’écouter ce grand classique.  

Remerciements

William Turcot

Emmanuel Brouillette