OPINION

2 mars 2021

​La monarchie, une bonne fois pour toutes

Victor Dubuc

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Depuis le départ de Julie Payette du poste de gouverneur générale du Canada, on se demande qui sera la prochaine personne à occuper le poste en question. Eh bien, ça ne devrait être personne!

 

Les Québécois et les Canadiens sont des sujets britanniques. En effet, j’écris bel et bien ce texte en 2021. Il va de soi que c’est un des anachronismes les plus absolus. Dans les faits, la Reine est officiellement chef de l’État canadien et est représentée par le poste de gouverneur général (auCanada) et de Lieutenant-gouverneur (dans les provinces). Ils disposent même d’un droit de veto sur les lois adoptées démocratiquement, bien qu’il ne soit pratiquement jamais utilisé.

 

Ce sont des traces du colonialisme et il faut absolument abolir la monarchie au Québec. Cette monarchie représente les multiples tentatives d’assimilation, une guerre coloniale et un traumatisme national dont les impacts ne sont jamais complètement disparus. Certes, la monarchie fait (malheureusement) partie de l’histoire du Québec, on ne peut le nier, mais sa place n’est certainement pas dans nos institutions gouvernementales. Les Québécois ne devraient avoir aucun compte à rendre à une monarchie étrangère, qui représente le douloureux passé colonial du Québec.

 

Lorsqu’on parle d’abolition de la monarchie, il ne faut pas uniquement se limiter aux postes, mais également aux symboles ou, par exemple, au serment d’allégeance que font les députés à la Reine d’Angleterre. Le serment d’allégeance est une pratique archaïque et les députés ne devraient avoir à prêter serment qu’au peuple qui les a élus.

 

Si ce n’est pas pour des raisons symboliques, il faut tout de même considérer les dépenses associées à la monarchie. On estime qu’elle coûte 67,1 millions $ par année aux Canadiens et aux Québécois.Ces dépenses comportent notamment les pensions de retraite (750 000$ pour les anciens gouverneurs généraux en 2019-2020), la rémunération, les voyages, les résidences (Rideau Hall pour le gouverneur général) et la protection gouvernementale pour les représentants de la Reine:tout pour permettre à des personnes de mener des vies de prince avec l’argent des contribuables.

 

Le Parti Québécois avait présenté une motion à ce sujet, pour laquelle la Coalition avenir Québec et le Parti libéral du Québec ont répondu défavorablement de la même manière. Il était demandé par la motion d’abolir le poste de Lieutenant-Gouverneur du Québec et de demander le remboursement à Ottawa des sommes dépensées dans la monarchie britannique par le Québec. Les sommes auraient été redistribuées en éducation.

 

Selon un sondage Léger, 74% des Québécois souhaiteraient abolir la monarchie au Canada. LaCAQ en avait fait une promesse en 2015 lors de son virage «nationaliste». Pourtant, nous n’arrivons pas à concrétiser cette volonté à cause du manque de courage politique de notre gouvernement et de l’opposition officielle devant cet enjeu. «Changer l’institution voudrait dire rouvrir les débats constitutionnels», selon Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec. Ce qui est inquiétant, c’est que l’Assemblée nationale ne souhaite pas entreprendre les démarches nécessaires, même si cela est la volonté de la grande majorité de la population.

 

Plusieurs pays du Commonwealth s’inscrivent actuellement dans cette tendance. La Barbade«quittera le royaume» pour devenir une république d’ici la fin novembre 2021.

 

«Ayant obtenu son indépendance il y a plus d’un demi-siècle, notre pays ne peut nourrir aucun doute sur ses capacités à s’autogérer. [...] L’heure est venue de dire un vrai adieu à notre passé colonial.»

-Sandra Mason, gouverneure générale de la Barbade

En somme, la monarchie ne devrait occuper aucune présence au Québec. Elle appartient à une autre époque. En outre, nous subvenons même financièrement à sa subsistance sans en être contraint... C’est ce qui boucle le cycle de la colonisation.