OPINION

17 juillet

La loi 101

Jean Langlais

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La loi 101

Par Jean Langlais

Bureau d’action et d’information politique

C.E.G.E.P. Ste-Foy

L'ÉCLOSION, Vol. 6 no 5, vraisemblablement octobre 1977

 

Tout ceux qui s’opposent de façon catégorique au projet de loi 101 sur la langue officielle des Québécois en veulent irrévocablement à la culture québécoise et au sort des Québécois eux-mêmes. La langue d’un peuple est sa culture et sa mentalité. Il est impensable que des Québécois purement québécois s’opposent à la sauvegarde de notre langue.

Prenons le cas bien connu du Nouveau-Brunswick qui n’a jamais légiféré en faveur de la langue française. Regardez ce qui s’est produit : une dégradation continue de la qualité du français et l’introduction dans le parler d’expressions anglaises plus ou moins justes ainsi que des déformations linguistiques.

Si nous ne prenons pas position, c’est bien ce qui se produira d’ici une quinzaine d’années. Il est temps pour les Québécois de prendre en main toute leur administration et non seulement des morceaux de compétence et des fragments de fiscalité.

Il ne s’agit plus d’idéologie politique dans le cas de la loi 101, mais bien de bon sens. Il est impensable que des personnes ne militant pas pour le Parti Québécois rejettent une telle loi d’ampleur. Nous devons conserver notre langue et notre entité en tant que peuple.

Le peuple Québécois a toujours été un peuple vaincu sur les plans économique et politique, bien qu’il tende à se ressaisir du côté politique, il ne faudrait surtout pas qu’il le devienne sur le plan socio-culturel.

Rejeter une telle loi fait preuve de lâcheté intellectuelle. La tradition, laissons-là de côté et affermissons-nous.

Le sort de notre culture et de notre langue repose entièrement sur ce projet de loi très bien pensé par le gouvernement du Parti Québécois.

Pour nous Québécois, c’est le droit de vivre et d’être un peuple qui peut s’exprimer en français.

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Jean Langlais, « LA LOI 101 » L'ÉCLOSION, 1977

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Photo par Jacques Grenier du journal Le Devoir

Mise en page par Analu Faleiros

Transcription par Thomas Arteau