OPINION

27 juillet

​TANNÉS DES HISTOIRES DE PLUMES?

Thierry Dorval et Emmanuel Brouillette

Objet de la critique à lire au préalable

 

​TANNÉS DES HISTOIRES DE PLUMES?

Thierry Dorval

Alors que Max Gros-Louis ne se gêne pas pour salir les Québécois en disant devant des millions d’auditeurs français que sa tribu est victime d’un « génocide planifié », alors qu’Ovide Mercredi joue du tam-tam à tue-tête à l’Assemblée Nationale en déclarant que la nation québécoise n’existe pas, Hydro-Québec rembourse les factures d’électricité des « bons clients amérindiens ».

 

Ne trouvez-vous pas qu’on est en train de se faire passer un Tomahawk?

 

Dépoussiérons d’abord un peu nos manuels d’histoire comme aiment tant le faire les Indiens à la recherche de traités. Nous nous apercevrons rapidement qu’autrefois, nos Hurons étaient une race en voie d’extinction. Traqués par les Iroquois, ils vinrent chercher refuge chez les Français. C’est donc grâce à nos ancêtres que les leurs ont survécu.

 

Aujourd’hui, ces mêmes Hurons revendiquent une partie de la région 03. Devrions-nous plier bagages et retourner en France pour satisfaire Max et sa bande? Pour subvenir à leurs besoins, peut-être seraient-ils alors obligés de payer (ah! malheur!) des taxes ou pire, des impôts! Je suis certain que Max n’a pas pensé à cela.

 

Pour ce qui est des Cris, qui sont environ 10 000 pour 6,5 millions de Québécois et qui réclament les deux tiers de la province, ils vivent dans des conditions vraiment affreuses… Actuellement, ils se promènent en ski-doo, logent dans des maisons fabriquées par un gouvernement de visages pâles, boivent de la bière québécoise et n’acceptent la « loi des blancs » que quand celle-ci fait leur affaire.

 

Vous conviendrez comme moi que les Amérindiens du Québec sont très bien traités et que leurs demandes actuelles sont irréalistes. Alors que ceux-ci jouissent d’un traitement hautement préférentiel, ils en demandent encore et encore plus, se déguisant en « halloweeneux » à l’année longue pour attirer l’attention des médias étrangers.

 

Comme la plupart d’entre vous, j’en ai assez de me faire parler de Mercredi à longueur de semaine. Je ne suis pas un fasciste raciste, mais un nationaliste réaliste fatigué de se faire raconter des peurs par des Indiens qui sont souvent plus de sang québécois que de sang autochtone.

 

À l’aube du vingt et unième siècle, je pense que les réserves doivent être abolies afin que les Amérindiens deviennent des Québécois à part entière. Nous aurons alors fait tomber les « barricades » qui nous séparent et les grenouilles recommenceront peut-être à chanter sous le pont Mercier…

Thierry Dorval, « TANNÉS DES HISTOIRES DE PLUMES? ».

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L’IDYLLE DU NORD — Commentaire

Emmanuel Brouillette

Silence.

Les mensonges tonnent

dans ma tête.

– Joséphine Bacon

 

La vie la plus belle est celle que l’on projette par ignorance. On s’efface derrière une logique bancale pour appuyer son hostilité de déni. Il n’y a alors plus de douceur ni d’empathie à l’égard de l’autrui envié. « Alors que Max Gros-Louis ne se gêne pas pour salir les Québécois », c’est un peuple tout entier qui se voit relégué dans un territoire qu’on lui a ravi.

 

C’est ici l’idylle du Nord qui est présentée. Un monde parallèle vu par le colonisateur où la richesse, les exemptions et la bonne bière québécoise sont souveraines, preuves d’une néo-royauté oisive et choyée. Bien entendu, « Max et sa bande » n’ont jamais pensé à tout ce qu’ils perdraient en quittant ces réserves fantasmagoriques — parce que l’activisme, c’est connu, n’est l’apanage que des ignares et des ingrats. C’est pourquoi Ovide Mercredi devrait quitter l’Assemblée Nationale et jouer du tam-tam (1) pour les enfants de sa réserve… Ils seront alors tout à fait réceptifs à la musique, puisque la belle éducation des Blancs leur aura ouvert l’esprit à la bonté et à la beauté de l’humain… Sans oublier qu’Ovide sera entièrement libéré des soucis quotidiens, puisqu’il verra sa consommation d’électricité remboursée par Hydro-Québec. Pas de prix à payer, sauf peut-être l’occupation et la destruction de la majorité du territoire ancestral : le rêve!

 

Pour mieux comprendre le contexte du texte original, il faut effectivement ouvrir ses manuels d’histoire, comme le dit si bien M. Dorval. En 1992, année de publication de l’article, deux ans seulement avaient passé depuis la crise d’Oka. Cet évènement majeur dans l’histoire du Québec pouvait alors se résumer en une seule photo — celle en tête de texte — : un courageux soldat blanc tenant tête à un Warrior anichinabé colérique et dangereux. Pendant longtemps, le Blanc prendra cette image et ce qu’elle véhicule comme un résumé exact d’une tragédie et ses médias ne montreront que ce côté subjectif de la situation. Des œillères se sont donc répandues à travers la population, se posant même sur le crâne des journalistes étudiants dont le mandat reste pourtant celui d’objectivité… Cette explication ne se veut en aucun cas une justification du message ouvertement raciste publié dans le journal, mais plutôt une tentative de compréhension. Quelle vision avait la société d’alors sur les enjeux autochtones pour encourager un élève à écrire un message haineux envers ceux-ci ?

 

Tentons une approche factuelle : les Hurons-Wendats se sont effectivement alliés aux colons français lors de guerres entre nations, mais ils ont surtout vécu la maladie et l’exploitation des suites du débarquement européen. Non, ce ne sont pas « nos Hurons » et la colonisation ne les a pas sauvés de l’extinction. Les Premières Nations, les Inuits et les Métis sont un ensemble de peuples indépendants qui peuvent s’autodéterminer. 


L’éclo tient donc à présenter ses excuses. Le racisme, ainsi que tout autre type de discrimination, est inacceptable et ne devrait jamais être publié ni promu dans un journal créé « pour ceux et celles qui croient au pouvoir des mots en leur offrant une plateforme pour encourager le dialogue en toute bienveillance. » (2) L’éclo reconnaît que pour déclamer l’idylle des réserves, il faut parler les yeux clos.

Références

(1) Le tam-tam, contrairement à la croyance populaire, n’est pas un type de tambour utilisé dans les traditions autochtones, mais bien un instrument métallique s’apparentant au gong qui est utilisé dans la musique orientale. 

« Tam-tam ». Wikipédia. Consulté le 22 juillet 2021. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tam-tam

(2) « Page d’accueil. Journal l’éclo. Consulté le 22 juillet 2021. https://www.journalleclo.com/ 

 

Image

Face to face, Shaney Komulainen/The Canadian Press

Correction par Rose Côté et Emmanuel Brouillette

Mise en page par Léa Drolet