POÉSIE

30 mai

Trois poèmes

Simone Côté

192327707_2932255473719768_1613000954778

L’exode

 

J’ouvre mon terrier comme la porte d'une théâtre implicable

Juste avant de cueillir les prières des arbres sur chacune de leurs feuilles 

J’hallucine un miroir qui me remplace 

D’un côté la femme

De l’autre l’enfant 

Au centre la naissance

Le vent me rassure

La gravité est une perpétuelle incertitude

J’entends les fantômes applaudir de l’autre côté de l’hiver

À quoi peut-on bien s’attendre du monologue de la mort en personne?

 

Le cri

 

Je suis une enfant née d’un cri

Que j’entends de l’autre côté du monde

 

            Inspiré par Vae Bataille

Le marais

 

Dans le marais vert où dorment les poissons d’or,

La Lune, sans sylphide pour danser, s’endort.

Un cercle bleu, parfait, où les étoiles nues vont 

Se perdre dans la brume comme du fréon.

 

Le flot des algues s’étend sur l’eau anguleuse;

Les crapauds coassent sur leurs palais branlants.

Si vous passez par là, une nuit vaporeuse,

Peut-être verrez-vous un noir marais béant. 

 

Les lucioles vertes et vermeilles, cohue 

Qui court, qui remue par delà les pins tordus,

Braises folles qu’attise la Lune champêtre,

Jouent les ombres chinoises aux longs rideaux des hêtres. 

 

Inspiré par Félix Leclerc

Illustration de Neva Hosking

@nevahosking

Correction par Rose Côté et Emmanuel Brouillette

Mise en page par Emmanuel Brouillette