SUGGESTIONS

20 novembre 2020

Cinq films à visionner en hommage au cinéma québécois

Marianne Richer

La fin de session approche dangereusement et elle ne manque pas de se faire sentir. Les nuits blanches se succèdent alors que ton horloge interne perd toute notion de sommeil. Afin de ne pas sombrer sous la pression, il est important que tu prennes un peu de temps pour toi, sans quoi tu ne pourras pas franchir la ligne d’arrivée de ce marathon. Voici donc quelques suggestions d'œuvres cinématographiques québécoises qui te permettront de t’évader de ton quotidien débordant de préoccupations.

01. Antigone

“J’ai enfreint la loi, mais je recommencerais demain. Parce que mon cœur me dit d’aider mon frère.”

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Fortement inspirée de l’affaire Villanueva, fait divers ayant monopolisé l’attention des médias québécois en 2009, l'œuvre signée Sophie Deraspe est une adaptation cinématographique libre de la célèbre tragédie grecque du même nom. L’intrigue met en scène Antigone, interprétée par Nahéma Ricci, une jeune montréalaise d’origine maghrébine. Celle-ci se heurte à la défaillance du système judiciaire alors qu’elle tente de sauver Polynice, l’un de ses deux frères, de l’emprisonnement, après que ce dernier se soit interposé à l’altercation policière fatale d’Étéocle, l’aîné de la famille. Dans une quête acharnée de justice, Antigone se substitue à son frère pour prendre la responsabilité de ses accusations. Quatrième long métrage de Sophie Deraspe, Antigone remporte en 2019 le Prix du meilleur film canadien de fiction au Toronto International Film Festival. Acclamée par la critique, l'œuvre est sélectionnée pour représenter le Canada à la cérémonie des Oscars dans la catégorie du meilleur film international

02. C.R.A.Z.Y

Zachari:

“Je veux être comme les autres”

 

Madame chose:

“Dieu merci tu le seras jamais”.

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Réalisé et co-scénarisé par Jean-Marc Vallée, réalisateur québécois de renommée internationale, C.R.A.Z.Y présente le passage à l’âge adulte de Zach, un jeune Montréalais en pleine quête identitaire. L’intrigue se situe au cœur de la Révolution Tranquille, période bouleversante au travers de laquelle Zach tente d’assumer son homosexualité tout en essayant de s’attirer les bonnes grâces de son père et de survivre aux nombreuses disputes avec ses quatre frères, dont les prénoms forment l’anagrame “C.R.A.Z.Y”, soit le titre du film.  Empreint d’une essence brute et authentique, le long métrage est applaudi autant par la critique que par le public. Il remporte à sa sortie plusieurs distinctions, dont dix prix Génie et douze prix Jutra (aujourd’hui les prix Iris), notamment dans les catégories du Meilleur film et du Meilleur réalisateur. En 2015, l'œuvre se fraye une place parmi plusieurs classiques dans la liste des dix meilleurs films canadiens de tous les temps, titre attribué par le Toronto International Film Festival.

03. Incendies

“Un plus un, ça peut-tu faire un ?”

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Portée au grand écran par Denis Villeneuve, à qui l’on doit des succès internationaux tels que Blade Runner 2049 et Sicario, cette œuvre cinématographique plonge le spectateur dans la quête de Simon et Jeanne, des jumeaux ayant récemment perdu leur mère, qui ont pour mission respective de remettre une lettre à un frère dont ils ignoraient jusqu’à lors l’existence et à un père qu’ils n’ont jamais connu. Ils partent ainsi au Moyen-Orient pour déterrer les secrets enfouis d’une histoire familiale bouleversante. Sur fond de tensions et de conflits, le long métrage est une immersion choquante à la dure réalité d’un pays en guerre et aux traumatismes qui en découlent. Cette adaptation de l'œuvre théâtrale primée du même nom est lauréate de plusieurs honneurs, notamment aux festivals de Vienne et de Toronto, en plus de s’être vu décerner huit prix Génie à sa sortie. L'œuvre est également nominée en 2011 pour l’Oscar du meilleur film étranger. Émotionnellement captivant, Incendies est un film dont le message frappant reste gravé dans la mémoire collective.

04. Brotherhood

“Je regrette d’être parti en Syrie. Promets-moi que tu n’iras jamais”.

Entièrement tourné en Tunisie rurale, Brotherhood est un court-métrage illustrant l'ingéniosité créative de Meryam Joobeur, réalisatrice canado-tunisienne installée à Montréal depuis maintenant 11 ans. L’intrigue présente Mohamed, berger et père de famille, profondément perturbé par le retour de Malek, son fils aîné, qu’il soupçonne avoir côtoyé des membres de l’État islamique durant son séjour en Syrie. Le titre polysémique de l'œuvre reflète autant l’aspect étymologique du mot fraternité que l’organisation islamique controversée nommée “les frères musulmans”. Présentée pour la première fois au Toronto International Film Festival en 2018, cette coproduction entre le Québec et la Tunisie y remporte le prix du meilleur court métrage canadien. Par ailleurs, Brotherhood marque l'histoire du cinéma pour sa nomination dans la catégorie du meilleur court métrage de fiction à la 92e cérémonie des Oscars, une première pour l’industrie cinématographique tunisienne. 

05. Mommy

Cinquième long métrage de Xavier Dolan, Mommy est un drame qui aborde la complexité des relations entre une mère et son fils, thème récurrent dans les œuvres du jeune cinéaste. Le film met en vedette une distribution dans laquelle apparaissent plusieurs noms connus, dont celui d’Anne Dorval, actrice chouchou de Dolan. L’histoire prend place dans un Canada fictif, alors que la loi S-14 fait son apparition. Celle-ci autorise le tuteur d’un enfant malade à placer ce dernier dans un hôpital psychiatrique en cas de danger imminent. On suit ainsi le personnage de Diane, une veuve monoparentale ayant récemment hérité de la garde de son fils, Steve, un adolescent diagnostiqué d’un TDAH sévère. À travers plusieurs conflits explosifs, le duo tente de se réconcilier afin de développer une relation équilibrée. Grandement médiatisé et acclamé par la presse internationale, Mommy a été sélectionné pour participer à la 67e édition du festival de Canne, dont il a été récompensé par le prix du Jury. L'œuvre primée a par ailleurs été choisie pour représenter le Canada à la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

“Les sceptiques seront confondus.”